Titre : |
Lieux et destins de l'image : un cours de poétique au Collège de France (1981-1993) |
Type de document : |
texte imprimé |
Auteurs : |
yves bonnefoy, Auteur |
Editeur : |
France : Archives Contemporaines |
Année de publication : |
1999 |
Importance : |
277 p. |
Format : |
14x20.5 |
ISBN/ISSN/EAN : |
978-2-02-036138-5 |
Langues : |
Français (fre) Langues originales : Français (fre) |
Index. décimale : |
848 Ecrits divers : procéder comme pour la poésie pour 848.001 à 848.009 |
Résumé : |
Ce que j'ai voulu et tenté : poser la question de la poésie en témoin de sa propre époque , analyser pour cela les voies de la création poétique dans de grandes œuvres du passé - reconnues en leur différence grâce aux travaux historiques - mais en observant aussi et d'abord dans l'être qu'on est les circonstances et les démarches - hésitations, aspirations contradictoires, affirmations de valeurs là même où l'on veut que les faits prévalent - du travail auquel on se voue , reconnaître ainsi, au point d'origine de l'intuition poétique, la parenté de l'entreprise des peintres, des musiciens, des poètes, cordes, chacun, d'une unique lyre , et comprendre, au terme s'il en est un de l'enquête, la nature et le rôle de cette fonction poétique dont on voit bien qu'elle procure parfois assez de sens à la vie pour que celle-ci continue, malgré le peu de réponse qu'elle sait qu'elle doit attendre du lieu naturel renoncé dès l'institution du langage. Un grand projet ! Mais si vaste, autant qu'ambitieux, qu'il en devenait raisonnable. D'évidence, en effet, il ne pouvait s'agir sur un tel chantier que de relevés préliminaires. [...] Il y a des esprits qui misent sur le langage, mais il en est d'autres qui sont sensibles d'emblée aux insuffisances et aux leurres de ce langage qu'ils n'en aiment pas moins pourtant - étant peut-être même de ceux qui l'affectionnent le plus, présence blessée, précaire. Et pour ma part je crois que c'est seulement quand on s'attache à lui, et à sa parole, de cette seconde façon, avec soupçon, sentiment de l'exil au sein des mots, et donc nostalgie, élan de tout l'être, exigence, que l'on accède à un sentiment de la finitude qui ouvre - et c'est alors la poésie même - à la mémoire de l'immédiat et à l'expérience de l'unité. Y. B. |
Lieux et destins de l'image : un cours de poétique au Collège de France (1981-1993) [texte imprimé] / yves bonnefoy, Auteur . - France : Archives Contemporaines, 1999 . - 277 p. ; 14x20.5. ISBN : 978-2-02-036138-5 Langues : Français ( fre) Langues originales : Français ( fre)
Index. décimale : |
848 Ecrits divers : procéder comme pour la poésie pour 848.001 à 848.009 |
Résumé : |
Ce que j'ai voulu et tenté : poser la question de la poésie en témoin de sa propre époque , analyser pour cela les voies de la création poétique dans de grandes œuvres du passé - reconnues en leur différence grâce aux travaux historiques - mais en observant aussi et d'abord dans l'être qu'on est les circonstances et les démarches - hésitations, aspirations contradictoires, affirmations de valeurs là même où l'on veut que les faits prévalent - du travail auquel on se voue , reconnaître ainsi, au point d'origine de l'intuition poétique, la parenté de l'entreprise des peintres, des musiciens, des poètes, cordes, chacun, d'une unique lyre , et comprendre, au terme s'il en est un de l'enquête, la nature et le rôle de cette fonction poétique dont on voit bien qu'elle procure parfois assez de sens à la vie pour que celle-ci continue, malgré le peu de réponse qu'elle sait qu'elle doit attendre du lieu naturel renoncé dès l'institution du langage. Un grand projet ! Mais si vaste, autant qu'ambitieux, qu'il en devenait raisonnable. D'évidence, en effet, il ne pouvait s'agir sur un tel chantier que de relevés préliminaires. [...] Il y a des esprits qui misent sur le langage, mais il en est d'autres qui sont sensibles d'emblée aux insuffisances et aux leurres de ce langage qu'ils n'en aiment pas moins pourtant - étant peut-être même de ceux qui l'affectionnent le plus, présence blessée, précaire. Et pour ma part je crois que c'est seulement quand on s'attache à lui, et à sa parole, de cette seconde façon, avec soupçon, sentiment de l'exil au sein des mots, et donc nostalgie, élan de tout l'être, exigence, que l'on accède à un sentiment de la finitude qui ouvre - et c'est alors la poésie même - à la mémoire de l'immédiat et à l'expérience de l'unité. Y. B. |
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